
Tous les buts accordés font mal. Qu’ils soient inscrits en début de match, en fin de période, un samedi midi ou un soir de pleine lune, tous les buts ont théoriquement une valeur égale.
Mis à jour hier à 23 h 58
Tous les buts ont la même valeur, mais certains, psychologiquement, font plus mal, comme celui inscrit par Kyle Connor en deuxième période, mardi. Le CH était à deux secondes de retraiter au vestiaire en retard 2-1 ; il y est plutôt retourné avec un déficit de deux buts.
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« En fin de période, on ne peut pas donner ça », a laissé tomber Martin St-Louis, au terme de la défaite de 4-1 face aux Jets de Winnipeg.
Le but n’aurait pas dû être marqué pour plein de raisons. Christian Dvorak, fort de ses 502 matchs dans la LNH, ne pouvait pas jouer aussi mollement le long de la rampe en zone offensive. Sa mauvaise remise a permis aux Jets une relance facile avec 10 secondes à jouer. Dvorak s’est tout de même replié, mais lui et Michael Pezzetta ont ensuite erré en se laissant hypnotiser par la rondelle plutôt que de regarder par-dessus leur épaule si un rival s’amenait.
« On s’est fait prendre à jouer trop près les uns des autres, a analysé Nick Suzuki, et un joueur s’est retrouvé à découvert dans l’enclave. »
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Samuel Montembeault et Vladislav Namestnikov
« Il faut être conscients de ce qui se passe dans l’enclave, surtout avec le temps qu’il restait », a ajouté Brendan Gallagher, un des cinq fautifs sur la patinoire.
Bilan des courses : Montréal subit un troisième revers de suite, une première depuis les six revers d’affilée du début de novembre. Les plus optimistes se plairont à rappeler la fiche de 7-3-2 du CH dans le dernier alexandrin du calendrier, mais un tel constat masquerait bien des problèmes de plus en plus apparents.
Une absence et ses conséquences
Le manque de profondeur est l’un d’eux.
À l’entraînement lundi, St-Louis badinait, au sujet de la blessure estivale subie par Rafaël Harvey-Pinard, que des joueurs peuvent même se blesser « en traversant la rue ». C’était une référence à Emil Heineman, blessé de cette façon à Salt Lake City il y a deux semaines.
En son absence, St-Louis a dû soumettre ses deux derniers trios à moult contorsions. La principale : des changements fréquents de combinaisons parce que son degré de confiance envers Pezzetta, le remplaçant de Heineman, est très faible.
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Nino Niederreiter et Mike Matheson
« Ça a été dur pour les trios de Jake [Evans] et de D-Vo [Christian Dvorak], avec les nombreux changements, a concédé Suzuki. On recherche certaines confrontations, selon l’allure du match. Avant, on pouvait rouler les quatre trios et ça aidait vraiment. »
Pezzetta a joué en moyenne 4 min 37 s dans les six matchs qu’il a disputés depuis la perte de Heineman. Owen Beck, qui l’a relevé pour deux matchs dans le rôle de 12e attaquant, a joué en moyenne 7 min 35 s.
C’est une cassure nette avec la situation qui prévalait depuis le retour au jeu de Patrik Laine le 3 décembre. À ce moment, le Canadien jouissait d’une formation en pleine santé, du jamais-vu pour St-Louis derrière le banc. Entre ce moment et le bête accident de Heineman, le Suédois jouait 11 min 32 s par match, ce qui signifie que St-Louis pouvait déployer ses quatre trios avec régularité. Quatre trios dont la composition ne changeait jamais, par ailleurs.
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Patrik Laine (au centre)
Cette stabilité est maintenant chose du passé. Samedi, St-Louis a brisé son unité de Dvorak, flanqué de Gallagher et de Josh Anderson, un trio de vétérans légèrement déficitaire au chapitre des buts (9 buts pour, 12 buts contre), mais qui passait généralement plus de temps en zone adverse que dans son propre territoire.
Anderson patine maintenant aux côtés de Jake Evans et de Joel Armia, une unité théoriquement bâtie pour des confrontations défensives corsées, mais qui n’en a guère vu mardi ; c’est le quatrième trio des Jets qu’ils ont affronté le plus souvent.
C’est à se demander si St-Louis compte sur un Anderson en pleine santé pour réaliser de tels mandats. Anderson s’est absenté de l’entraînement de lundi, et a terminé une présence en vive douleur en fin de première période. Il est resté dans le match, non sans avoir quelques mots avec un thérapeute du sport.
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Mark Scheifele et Jake Evans
Pendant ce temps, Evans est redevenu humain. Son rythme de la première moitié de saison était vu comme insoutenable et c’est ce que l’on constate désormais ; le voici à un but et une aide à ses 14 derniers matchs. La profondeur d’une équipe, au-delà de la capacité de chacun à remplir des missions, tient aussi en la production secondaire qu’elle offre ici et là.
Cette profondeur, qui a transporté l’équipe au tournant de l’année, fait donc défaut.
Et voyant la façon dont Kaiden Guhle a clopiné vers le vestiaire en troisième période, c’est à croire que cette profondeur sera maintenant testée à la ligne bleue. Sauf que cette fois, ce n’est pas un joueur de soutien qui est en cause.
En hausse : Lane Hutson
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Morgan Barron et Lane Hutson
Il n’a pas paru décontenancé de jouer du côté droit. Après quelques matchs difficiles, il ressemblait davantage au Hutson de décembre.
En baisse : Christian Dvorak
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Christian Dvorak
Très peu visible sauf en fin de deuxième période, pour les mauvaises raisons.
Le chiffre du match : 1
Le Tricolore a obtenu un seul avantage numérique dans les 120 dernières minutes. Mardi, ils ont été incapables de provoquer quelque punition que ce soit aux Jets.
Dans le détail
Une blessure grave pour Guhle ?
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Kaiden Guhle a quitté la patinoire après avoir subi une blessure durant la troisième période.
Déjà que ce n’était pas une soirée facile pour le Canadien, cette soirée s’est conclue avec une scène plutôt inquiétante pour l’équipe montréalaise : le défenseur Kaiden Guhle a dû retraiter au vestiaire en troisième période après avoir tenté de récupérer une rondelle face au défenseur Neal Pionk. Le défenseur du Canadien a toutefois chuté et son patin droit est allé directement cogner contre la bande. Guhle a eu du mal à se relever, et c’est en tenant son genou droit qu’il a pu péniblement aller au banc, avant de retraiter au vestiaire. Les images de RDS ont ensuite laissé voir un Martin St-Louis visiblement inquiet lorsqu’il a été mis au courant de la situation derrière le banc. En fin de soirée, le Canadien n’a pas voulu dévoiler plus de détails à ce sujet. « On va attendre de voir la sévérité de la blessure, a répondu l’entraîneur-chef du Canadien. Mais c’est sûr, quand tu le perds, même pour un seul match, c’est un gars qui dispute beaucoup de minutes de jeu. Il a des grosses responsabilités, et il n’est pas facile à remplacer avec un seul joueur. »
Grosse soirée pour Scheifele
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Mark Scheifele et Nick Suzuki
C’est bien connu, les fans de Montréal peuvent avoir la mémoire longue. Pendant des années, les foules d’ici ont hurlé leur mécontentement au sujet d’une profonde injustice subie par Bret Hart lors des cartes de lutte en ville, et puis maintenant, c’est au tour de Mark Scheifele de subir un traitement similaire, lui qui avait frappé Jake Evans à la tête lors des séries éliminatoires de 2021. Les partisans montréalais n’ont de toute évidence pas oublié ce moment, et ils ont accueilli l’attaquant des Jets avec des huées en partant, et aussi tout au long de la soirée. Au final, toutefois, c’est le joueur des Jets qui a eu le dernier mot en marquant le but de la victoire en deuxième période. « On n’entend pas vraiment quand les gens nous huent, a-t-il fait savoir en fin de soirée. Cet aréna est un aréna fantastique, il y a beaucoup d’histoire avec cette équipe, mais les huées, on les oublie, sauf peut-être si on a la rondelle et qu’il n’y a pas de pression sur nous, alors là, on entend un peu. Mais je retiens avant tout que ce fut une très belle victoire pour nous. »
Petite soirée pour Hellebuyck
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Connor Hellebuyck
Le Canadien a amorcé sa soirée avec force et énergie en dirigeant un total de 15 tirs vers le gardien Connor Hellebuyck en première période. Mais l’homme masqué des Jets aurait pu passer la deuxième période allongé bien confortablement sur une chaise longue devant son but, puisque ce fut pas mal plus relaxe pour lui à ce moment-là, alors que les locaux n’ont lancé que trois fois en sa direction. En troisième période, le Canadien a lancé sept fois sur le gardien des Jets, pour un total de 25 tirs en sa direction. « C’est un gardien qui est incroyable à tous les matchs pour nous, a dit Mark Scheifele à son sujet. C’est une autre de ces soirées où il a dû effectuer des arrêts importants aux moments importants. C’est toujours ce qu’il fait pour nous. »


