Convoité par le Togo et le Ghana, Marvin Senaya devrait, sauf retournement, opter pour les Black Stars. Son père, Senaya Yao Mawuto, est sorti du silence. Ses propos sont sans détour.
Le premier contact avec les Éperviers ne date pas d’hier. Mais à l’époque, le contexte sportif du joueur ne permettait pas une ouverture vers la sélection. Dans cette logique, la priorité était claire : s’imposer en club avant toute exposition internationale. Mais depuis, la situation a évolué. D’autres sélections, dont le Ghana, sont entrées en scène avec une approche jugée plus structurée.
« Entre temps, il y a eu d’autres nationalités qui nous ont contacté, notamment celle du Ghana dont Marvin détient effectivement la nationalité. Ils nous ont fait une proposition de carrière pour lui au sein de l’équipe nationale des Black Stars. Et pour être honnête, quand on met en place un projet de carrière, il faut voir l’évolution exponentielle et ce que cela peut rapporter au joueur » a déclaré l’ancien joueur ce samedi sur Sport FM.
Au-delà de l’aspect sportif, c’est surtout la gestion du dossier côté togolais qui est vivement critiquée. Le père du joueur dénonce un manque de communication et des méthodes discutables.
« Aujourd’hui, connaissant la situation instable de l’équipe du Togo, je pense que toute personne logique, avec une réflexion logique irait vers une équipe dont le talent peut permettre de se rapprocher des clubs qui permettent au gamin d’évoluer dans sa carrière, positivement. Donc, une proposition ghanéenne basée sur des assurances en cas de blessures, et autres » a-t-il ajouté.
Il va plus loin en évoquant un malentendu autour d’un supposé accord du joueur avec le Togo.
« Parallèlement, le gamin a eu un contact direct avec le Team Manager du Togo. Ils ont eu à échanger. Moi je n’étais même pas au courant. Mais je peux vous dire que depuis l’arrivée du nouvel entraineur, à aucun moment, un membre de la fédération togolaise de football ne m’a contacté pour que Marvin puisse venir en équipe nationale. Le gamin me dit qu’il a discuté avec Serge, mais il ne lui a jamais donné son accord comme quoi il intégrerait l’équipe nationale du Togo. Donc on a été surpris. J’entends des bruits comme quoi le gamin aurait donné son accord. Le gamin ne peut jamais donner son accord sans l’aval de sa cellule familiale. Partant de ce principe, c’est un manque de professionnalisme crucial que d’intégrer un joueur dans un groupe dont il n’a même pas donné son accord. Que chacun fasse son travail avec professionnalisme, parce que là, c’est vraiment de l’amateurisme. »
Dans la foulée, il élargit le débat à la politique globale du football togolais.
« Il ne s’agit pas de laisser les autres arroser et venir la cueillir. Il faut commencer quelque part. C’est le problème de notre équipe. Il faut que nous pensions à former les joueurs au plus bas âge. Il ne faut pas cueillir les choses quand c’est tout fait. »
Enfin, difficile de dissocier cette prise de position de son vécu personnel sous le maillot des Éperviers.
« Après ma blessure, personne ne n’est occupé de moi. J’ai dépensé moi-même, il n’y a pas eu d’assurance. Rien du tout. Et jusqu’ici pendant l’hiver je peux vous avouer que ce sont des souffre douleurs pour moi. Je souffre énormément. Et quand on voit ces genres de choses on a mal au cœur. Quand je vois comment souffrent les anciens joueurs, je peux vous avouer que ça fait très mal qu’on aient pu passer tout le temps en équipe nationale à défendre la patrie et qu’au bout on finisse oubliés. »


