Le Palais du Peuple a vibré lr dimanche 5 avril. Après 52 années d’attente, la RD Congo retrouve enfin la Coupe du Monde 2026 . Les Léopards, portés par une ferveur populaire rare , ont célébré cette qualification historique aux côtés des plus hautes autorités du pays, dont le président Félix Tshisekedi. L’ambiance était à la fête. Mais très vite, un autre sujet s’est invité dans les discussions .
Un discours tourné vers la reconnaissance
Au micro , le capitaine Chancel Mbemba est resté fidèle à un registre classique. Remerciements au chef de l’État, à la première dame Denise Nyakeru, aux dirigeants sportifs, au staff et à ses coéquipiers. Il a salué un « travail de titan » derrière cette qualification . Un discours propre, maîtrisé, sans débordement. Rien qui dépasse.
Des réactions immédiates
Sauf que dehors, et surtout en ligne, les langues se sont vite déliées. Beaucoup de Congolais attendaient autre chose. Pas forcément un coup d’éclat, mais un mot, une allusion, un signe en direction du football local, souvent négligé. Pour eux, Mbemba avait une tribune rare. Et elle est passée.
Le regret d’un message qui n’est pas venu
Ce qui dérange, ce n’est pas ce qu’il a dit. C’est ce qu’il n’a pas dit. Formé au pays, passé notamment par le FC MK, Mbemba connaît les réalités du terrain. Les clubs en difficulté , les infrastructures limitées , les talents qui peinent à émerger. Ce jour-là, il pouvait porter ce vécu. Mettre le sujet sur la table, même brièvement. ne l’a pas fait.
L’ombre de Didier Drogba
Le parallèle est revenu souvent. En 2006, après la qualification de la Côte d’Ivoire, Didier Drogba avait marqué les esprits avec un appel fort à la paix, en pleine crise dans son pays. Un moment devenu historique. La comparaison n’est pas totalement équitable . Les contextes diffèrent . Mais elle montre une attente. Celle de voir les leaders sportifs dépasser le cadre du jeu.
Un débat qui dépasse le football
Dans un pays où l’Est reste fragilisé par des conflits persistants, chaque prise de parole publique peut résonner bien au-delà du sport. Certains espéraient une parole engagée. D’autres estiment qu’un joueur n’a pas à endosser ce rôle. Le débat reste ouvert.
Le poids du brassard
Au fond, la question est simple. Qu’attend-on d’un capitaine ? Un leader sur le terrain, oui. Mais aussi, parfois, une voix. Une voix capable de dire ce que beaucoup pensent tout bas. Ce 5 avril, Chancel Mbemba a choisi la retenue. Un choix qui se comprend, mais qui, visiblement, laisse un goût d’inachevé chez une partie de l’opinion.
Jérémie Ngeleka


