![]()
Une semaine après la libération de trois supporters sénégalais arrêtés à l’issue de la finale de la CAN 2025, la situation reste tendue. Quinze autres ressortissants sont toujours détenus au Maroc, un dossier qui a désormais pris une dimension diplomatique.
Face à cette impasse, le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, s’est exprimé samedi devant la presse.
Dakar estime avoir tout tenté pour les supporters
Le chef de l’État sénégalais a d’abord tenu à défendre l’action de son gouvernement, souvent critiquée dans l’opinion publique. Selon lui, tout a été mis en œuvre pour obtenir la libération des supporters.
« Ce serait une erreur de penser qu’on n’en a pas assez fait pour nos supporters détenus au Maroc. Ils ont tout mon soutien. »
Il a ensuite insisté sur les limites d’action d’un État face à une juridiction étrangère, tout en dénonçant une sanction qu’il juge disproportionnée.
« Il faut respecter la justice des autres. Mais on sait que leur condamnation est sévère et injuste. D’habitude, ces cas se terminent par des amendes… Là, ça dépasse le cadre sportif. »
Stratégie d’apaisement et grâce royale demandée… sans effet
Dans un second temps, le président révèle avoir opté pour une approche conciliante afin de calmer les tensions avec Rabat. Une stratégie qui n’a visiblement pas porté ses fruits pour l’instant.
« On a décidé de ne pas interjeter appel. Mais par surprise, c’est le Maroc qui a interjeté appel et a donc fait poursuivre la procédure. »
Une décision difficile à comprendre côté sénégalais, alors même que plusieurs démarches ont été engagées en parallèle.
Président Bassirou Diomaye Faye sur la situation des supporters sénégalais 🇸🇳emprisonnés au Maroc 🇲🇦 : pic.twitter.com/TN2udC6SJm
— 13football_com (@13footballC) May 2, 2026
Sur ce point, l’homme d’État détaille les efforts déployés : recours à un avocat, activation des canaux diplomatiques, mais aussi médiations diverses, y compris religieuses.
« J’ai demandé au roi du Maroc de gracier nos supporters. On a engagé une médiation avec toutes les parties prenantes… On a même activé le volet religieux. »
Le président sénégalais affirme également avoir personnellement écrit au roi du Maroc pour plaider la cause des supporters, tout en saluant l’organisation globale de la CAN.
Une situation toujours dans l’impasse
Malgré ces initiatives, la situation reste bloquée. D’où cet appel, presque désabusé, lancé par le chef de l’État :
« Mais si tout ça ne change rien, qu’est-ce qui reste à faire ? (…) S’il reste autre chose à faire, qu’ils nous le disent. »
Dans ce dossier, la frontière entre justice, diplomatie et football continue de se brouiller…


