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Menée puis longtemps contrariée par des faits de jeu défavorables, la RDC a fini par renverser l’Ouzbékistan (3-1), dans la nuit de samedi à dimanche à Atlanta (Etats-Unis), pour décrocher une qualification historique en seizièmes de finale de la Coupe du monde. Une victoire construite avec patience, caractère et des choix gagnants de Sébastien Desabre.
On n’est pas expert en secousses sismiques, mais on est prêt, sans grand risque, à prendre le pari qu’une bonne partie des plus de 2 millions de km² de la République démocratique du Congo a furieusement tremblé dans cette nuit du samedi 27 au dimanche 28 juin.
Au moment où Fiston Mayele, tout juste sorti du banc, surgit pour pousser le ballon au fond des filets (78e), c’est bien plus qu’un simple but qui fait exploser l’enceinte de l’Atlanta Stadium. C’est tout un pays qui entrevoit enfin une première victoire en Coupe du monde et surtout une qualification historique pour les seizièmes de finale, cinquante-deux ans après la seule précédente participation, celle 1974, sous le nom du Zaïre.
Le doute aurait pu s’emparer des esprits
Mais que ce fut dur ! Pendant plus d’une heure, les Léopards ont laissé transparaître l’idée de voir ce rêve leur échapper. Menés dès la 10e minute sur un lob inspiré d’Eldor Shomurodov, après avoir déjà été sauvés quelques instants plus tôt par un hors-jeu, les hommes de Sébastien Desabre se retrouvent immédiatement dos au mur. Ils n’ont plus le choix : seule une victoire peut prolonger leur aventure.
Le plus frappant réside sans doute dans le fait que les Congolais ne se sont pas effondrés. Ils ont continué à jouer, monopoliser la possession et tenter de reprendre le contrôle. Nathanaël Mbuku croyait même avoir égalisé, avant que son but ne soit logiquement refusé pour une faute au départ de l’action.
Les hommes de Desabre ont longtemps sans grande inspiration pour transformer véritablement cette domination territoriale en véritables occasions franches. À la pause, ils n’ont ainsi cadré la moindre frappe.
Le doute aurait donc pu s’emparer des esprits. Mais il n’en a pas été. Au retour des vestiaires, le rapport de force change nettement. Brian Cipenga multiplie les différences sur son côté, Mbuku continue de faire vivre le danger, Arthur Masuaku apporte davantage de profondeur et Yoane Wissa décroche sans cesse pour créer des espaces.
Les occasions commencent enfin à s’enchaîner. Wissa manque d’abord le cadre sur une reprise, Mayele voit une tentative passer à côté, Mbuku oblige ensuite Nematov à une parade, tandis que Wissa manque encore la cible de la tête.
L’Ouzbékistan recule de plus en plus. Et finit inévitablement par plier. À la 68e minute, Abdukodir Khusanov arrive en retard sur Wissa dans la surface. Le penalty paraît presque anodin. Il va pourtant faire basculer la soirée. L’attaquant de Newcastle transforme lui-même la sentence et remet complètement son équipe dans le sens de la marche. Le verrou saute enfin. Et Sébastien Desabre comprend immédiatement que le moment est venu d’aller chercher davantage qu’un simple match nul, insuffisant pour se qualifier.
“Le poids sur les épaules a été très lourd à porter“
Le sélectionneur lance donc d’un seul coup Ngal’ayel Mukau, Meschack Elia et Théo Bongonda. Trois changements offensifs qui modifient instantanément le visage des Léopards. Plus de vitesse, davantage de percussion, une circulation du ballon plus fluide et une pression constante sur une défense ouzbèke désormais asphyxiée. Le tournant du match vient précisément de ce banc.
À la 78e minute, Elia déborde, frappe, voit sa tentative contrée. Mayele, lui aussi entré en jeu, lit parfaitement la trajectoire et surgit pour pousser le ballon au fond. Deux remplaçants directement impliqués sur l’action qui propulse virtuellement la RDC en seizièmes de finale. La suite ressemble alors à une libération.
Les Léopards continuent d’attaquer quand leur adversaire ne parvient plus à respirer. Dans le temps additionnel, Elia conserve encore le ballon côté gauche avant de servir Wissa. L’attaquant repique dans l’axe et déclenche une frappe rasante qui finit sa course au fond des filets. Son doublé scelle définitivement le destin de cette rencontre.
« Le poids sur les épaules a été très lourd à porter. Maintenant, il faut être fiers et je dis merci à tout le peuple congolais », savoure ensuite, à l’issue du match, le héros de la soirée, déjà buteur contre le Portugal (1-1)lors de la première journée.
Cette fin de match raconte aussi beaucoup de la gestion de Sébastien Desabre depuis le début du tournoi. Face à l’Ouzbékistan, le sélectionneur a abandonné la défense à cinq utilisée lors des deux premières journées pour revenir à une ligne de quatre. Tout en réussissant parfaitement ses changements dans le bon timing. Un pari préparé de longue date.
“On avait gardé des joueurs frais sur ces trois rencontre”
« Il faut féliciter les joueurs, ils ont été extraordinaires. On est une équipe qui sait réagir, ils se sont battus. On avait une stratégie sur trois matches. On avait gardé des joueurs frais sur ces trois rencontres, et cela a fait la différence », a expliqué le technicien français après la rencontre.
Difficile de lui donner tort. Longtemps contrariée par les faits de jeu, privée d’un but, menée au score et confrontée à une défense ouzbèke de plus en plus regroupée, la RDC aurait pu céder à la frustration. Mais à force de pousser, les Léopards ont fini par renverser la table.
Et ils s’offrent désormais un rendez-vous avec l’Angleterre en seizièmes de finale, le mercredi 1er juillet, forts d’une certitude nouvelle : cette équipe possède désormais bien plus qu’une histoire à raconter. Elle a prouvé qu’elle savait aussi l’écrire
🇨🇩🇺🇿 [𝑪𝒐𝒖𝒑𝒆 𝒅𝒖 𝑴𝒐𝒏𝒅𝒆] LA COMPO ! 🔥
Changement de schéma pour Desabre, mais aussi de quelques pions. Première titularisation pour Cipenga, alors que Mbuku également retrouve le Onze.
Retour à la défense à 4 avec la charnière Mbemba-Tuanzebe qui refait surface.… pic.twitter.com/bzvBTES86h
— Leopard Leader Foot (@leopard243) June 27, 2026

