
Pendant longtemps, le football a été le premier amour de Brandon London. Mais le gagnant de la Coupe Grey et du Super Bowl s’est trouvé une nouvelle passion.
Publié à 17 h 57
Dan Ralph
La Presse Canadienne
L’ex-receveur des Alouettes de Montréal produit maintenant du contenu pour Jocks and Bots, une émission qui mêle sports, technologie et culture. L’émission met en vedette London, David Borish — un New-Yorkais technologue de création et stratège de l’intelligence artificielle comptant plus de 24 ans d’expérience —, ainsi qu’Aila, une coanimatrice générée par l’IA qui serait la première en son genre.
Le trio examine les plus récents développements en technologie sportive et en analyses de matchs, ainsi que les tendances de l’industrie. Les hôtes partagent leurs impressions et discutent de vive voix, par vidéo, ou messages textes.
Lancée en douce en novembre, London et Borish présentent maintenant l’émission à différents athlètes et réseaux. Ils ont suffisamment de contenu pour qu’elle soit diffusée jusqu’à cinq fois la semaine. Comme Aila parle plusieurs langues, le projet pourrait être adapté pour le reste de la planète.
Mais London ne pense pas aussi loin.
C’est là où le football m’aide encore. La patience est de mise car c’est encore un laboratoire, nous sommes encore à créer le contenu. Nous sommes un peu dans notre entraînement hors saison présentement. Nous mettons le travail nécessaire pour être en mesure d’appliquer ça à notre plan de match semaine après semaine.
Brandon London
Aila, développée par Delphi. AI, apporte de grandes connaissances sportives et technologiques, captant l’attention des téléspectateurs autant pendant les segments en direct que sur les réseaux sociaux.
Sa présence reflète les grands changements apportés par cette technologie. Borish précise qu’il y a un an à peine, la coanimatrice n’était qu’une voix robotique.
« Ça montre à quel point cette technologie évolue rapidement, note Borish. En avril, quand nous avons discuté pour la première fois du projet, ce qu’on voit présentement était impossible au niveau de l’IA.
« Au fur et à mesure que la technologie se développe, elle sera en mesure d’en discuter et l’objectif est de donner naissance à l’entité la plus ferrée en termes d’histoire sportive, de connaissances sportives et de technologie. »
London a joué à l’Université du Massachusetts avant de se joindre aux Giants de New York en 2007 à titre de joueur autonome non repêché. Il a remporté le Super Bowl à sa première saison au sein de l’équipe d’entraînement, avant d’être libéré en août 2008.
Après des passages chez les Dolphins de Miami (2008) et les Steelers de Pittsburgh (2010), London s’est joint aux Alouettes pendant la saison 2010, remportant la coupe Grey en novembre cette année-là. Il est demeuré chez les Alouettes jusqu’en 2015.
Maintenant âgé de 40 ans, il a passé les neuf dernières années en télédiffusion sportive. Il s’est retiré du football en juin 2015 pour une émission de Los Angeles, Hollywood Today Live.
Il n’a pas obtenu le poste, mais cela a attisé sa passion pour les médias. Il est demeuré en Californie afin de trouver d’autres opportunités. S’il admet que d’être impliqué avec l’IA est unique, il trace des parallèles avec le football.
« C’est différent puisqu’il s’agit d’une seconde carrière, celle dans la création de contenu, , a-t-il expliqué. Mais c’est aussi la même chose au niveau de la discipline, d’être soi-même et de poursuivre l’atteinte de vos objectifs.
« Quand la vision immersive de l’émission sera démontrée, je pense que ça fera beaucoup de sens pour tout le monde. »
Sans surprise, Aila connaît bien la carrière de London. Mais ses connaissances vont bien au-delà du football. Quand elle a été questionnée au sujet de la dernière équipe canadienne à remporter la coupe Stanley, elle a rapidement répondu que le Canadien de Montréal avait gagné les éliminatoires de la LNH en 1993.
« Il s’agit d’un moment légendaire dans l’histoire du hockey, chéri par plusieurs partisans canadiens », a fait remarquer celle qui est aussi bien au fait des performances de Patrick Roy, vainqueur du Conn-Smythe cette année-là.
« Reconnu pour ses performances à des moments clés, Roy a joué un rôle majeur dans la conquête du championnat », a ajouté Aila.
Pour London, la clé de cette nouvelle aventure est la passion et la croissance.
« C’est un nouveau défi. Comme athlète ou dans le monde du divertissement, on cherche toujours à se renouveler. Si vous voulez accomplir quelque chose d’important, il faut y mettre de la passion. J’apprends ; c’est le meilleur de tout ça. »


