
(Denver) Il est déjà rare qu’une équipe remplace ses deux gardiens de but au cours du même été. Que ça se produise en plein milieu de la saison, à plus forte raison dans une fenêtre de moins de 10 jours, c’était possiblement du jamais-vu.
Publié à 18 h 19
Pendant la majorité de l’automne, même si l’Avalanche du Colorado s’en sortait plutôt bien défensivement, elle accordait des buts à un rythme effarant. Comme si Alexandar Georgiev et Justus Annunen s’étaient lancé le défi d’offrir à leur équipe le plus de mauvais départs possibles.
Le directeur général Chris MacFarland en a eu assez. Il a d’abord envoyé Annunen aux Predators de Nashville pour acquérir l’adjoint Scott Wedgewood, qui s’est rapidement signalé dans son nouvel uniforme. Appelé en relève à Georgiev trois jours après la transaction, il a contribué à transformer un déficit de 0-4 en victoire de 5-4 contre les Sabres de Buffalo.
Quelques jours plus tard, le même Georgiev prenait le chemin de San Jose, dans un échange d’envergure dont la pièce maîtresse était MacKenzie Blackwood. Ce dernier s’est amené à Denver pour y jouer un rôle de partant… ce qu’il a fait avec brio. Non seulement l’équipe a remporté huit de ses 10 matchs depuis son arrivée, mais l’effet de ce renouveau a transcendé les simples chiffres.
« Ça nous a permis de jouer avec confiance, a résumé l’entraîneur-chef Jared Bednar, vendredi, après l’entraînement du club. Quand nous obtenons les arrêts opportuns dans des moments importants, notre équipe peut jouer selon son identité. »
PHOTO ISAIAH J. DOWNING, ARCHIVES USA TODAY SPORTS
Scott Wedgewood réalise un arrêt
Pour l’Avalanche, cela signifie de « rester en mode attaque », sans redouter que la moindre erreur se traduise par un but accordé.
En effectuant ces deux transactions, la direction voulait donner un électrochoc à toute l’organisation. L’exercice a porté ses fruits.
« Échanger un gardien, c’est déjà un gros changement, alors en échanger deux, c’est un énorme choc, a analysé l’attaquant Ross Colton. Ç’a obligé tous les gars dans le vestiaire à se regarder dans le miroir et à se dire : OK, notre directeur général croit en nous, on doit faire notre part. Ç’a forcé le groupe à mieux jouer, et tout le monde a embarqué. L’énergie et la confiance dans le vestiaire sont différentes qu’auparavant. »
« Ils croient en moi »
À Denver, le mot « confiance » est omniprésent dans les conversations au sujet des gardiens. Et ça commence par les cerbères eux-mêmes.
Moins de trois semaines après être débarqué au Colorado, MacKenzie Blackwood s’est vu offrir un contrat de cinq ans qui s’amorcera la saison prochaine.
Cet ancien espoir de haut rang des Devils du New Jersey avait vu ses performances piquer du nez à la suite d’une série de blessures, au point où il avait été échangé aux Sharks pour un simple choix de sixième tour pendant l’été 2023. À San Jose, bien qu’il évoluait derrière une formation pitoyable, il a présenté des statistiques fort potables, surtout depuis le début de la présente saison – moyenne de 2,95 et taux d’arrêts de ,911 dans l’uniforme turquoise.
Jusqu’ici, il répond assurément aux attentes chez l’Avalanche (6-1-0, 1,93 et ,932). Celui qui affrontera le Canadien samedi est donc gonflé à bloc, encouragé notamment par le « vote de confiance » qu’on lui a accordé avec sa prolongation de contrat.
« Ils m’envoient le message qu’ils croient en moi, et je l’apprécie, a-t-il souligné, vendredi. Je veux encore continuer à m’améliorer et leur montrer qu’ils ont pris la bonne décision. Jusqu’ici, je dirais que ç’a bien été. »
Après presque une décennie d’essais et d’erreurs, qui a vu défiler Alexandar Georgiev, Philipp Grubauer, Semyon Varlamov, Pavel Francouz, Darcy Kuemper et Calvin Pickard dans le siège du numéro un, l’Avalanche espère avoir enfin trouvé celui qui mènera la franchise à sa prochaine Coupe Stanley.
Blackwood reconnaît que ce mandat vient avec son lot de pression. Qu’à cela ne tienne, il préfère se concentrer sur le quotidien afin de ne pas se laisser « distraire » par les considérations plus larges de l’organisation.
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MacKenzie Blackwood
Ce « nouveau départ » pour lui est, après tout, encore tout frais. Cela ne fait même pas un mois qu’il est un membre de l’Avalanche. Pour celui qui n’avait jamais été échangé en cours de saison auparavant, le changement est subit, encore davantage vu le fait qu’il est passé d’un club en reconstruction à un aspirant sérieux au championnat.
« Côtoyer les meilleurs joueurs du monde au sommet de leur carrière, je n’avais jamais vécu ça avant, rappelle-t-il. C’est formidable de voir ce dont ils sont capables. »
Il lui reste maintenant à rester en santé – « je touche du bois », a-t-il dit, en cognant sur son casier – et à arrêter les rondelles. Ce qu’il aura abondamment l’occasion de faire au cours des prochaines semaines, puisque Scott Wedgewood s’est blessé jeudi et ratera vraisemblablement plusieurs matchs.
À défaut de compter sur un troisième gardien d’expérience, Jared Bednar a déjà indiqué que Blackwood verrait beaucoup d’action, peut-être même dans des séquences de deux matchs en deux soirs.
Or, l’entraîneur n’a pas semblé particulièrement inquiet pour le sort de son équipe dans les circonstances. C’est, on l’imagine bien, ce qui se produit lorsque la confiance est au rendez-vous.


