
Toute la semaine, l’Amérique entière s’est demandé si Josh Allen et les Bills de Buffalo allaient trouver le moyen de renverser Patrick Mahomes et les Chiefs de Kansas City.
Mis à jour hier à 23 h 25
Avant la finale de l’Association américaine, dimanche, la fiche d’Allen contre Mahomes en éliminatoires était de 0-3. Elle est maintenant de 0-4, en vertu de la défaite de 32-29 de son équipe face aux doubles champions en titre. Champions qui tenteront, dans deux semaines, de devenir la première équipe de l’histoire du football à remporter trois trophées consécutifs.
Il restait 6 min 11 s et les deux équipes étaient au coude-à-coude. Le tableau indicateur affichait 29 points de chaque côté et les Chiefs avaient le ballon en main. Après sept jeux, le botteur Harrison Butker s’est amené sur le terrain pour une tentative de placement de 35 verges. Tentative qu’il a réussie ; 32-29 pour les Chiefs.
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Patrick Mahomes tente d’échapper à Matt Milano.
Avec 3 min 33 s à faire au match, les Bills ont repris la possession du ballon. Allen a eu de la difficulté à relancer son équipe. En troisième essai et dix verges, Amari Cooper a capté une passe pour une mince récolte de cinq verges. Puis, la pause obligatoire des deux minutes a permis aux Bills de réfléchir à leurs options en quatrième essai et cinq verges.
Ils ont choisi un jeu par la passe. Dès que le ballon a quitté la main du joueur de centre, trois joueurs des Chiefs ont traversé les tranchées. Justin Reid, Chris Jones et George Karlaftis ont couru vers Allen.
Le quart-arrière des Bills a reculé d’une dizaine de verges. En désespoir de cause, sur son pied arrière, il a envoyé le ballon en direction de son ailier rapproché Dalton Kincaid, 35 verges plus loin, vis-à-vis de la ligne imaginaire de placement. Et le ballon est passé entre les bras de Kincaid.
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Josh Allen tente une passe.
Il restait 1 min 54 s au match et Mahomes a écoulé toutes les secondes pour atteindre la finale pour la cinquième fois en six ans.
La magie des Chiefs
Trois éléments clés favorisaient les Bills avant la rencontre. La production offensive, l’état du jeu au sol et l’efficacité en situation de quatrième essai.
Cette saison, les Bills arrivaient au deuxième rang de la NFL pour la quantité de points marqués. Considérant que l’attaque des Bills inscrivait 30,7 points par rencontre, au deuxième rang de la NFL, les Chiefs faisaient face à un défi colossal : freiner Josh Allen et marquer plus de 30 points pour espérer gagner. C’était mathématique.
Les Chiefs avaient comptabilisé 30 points seulement deux fois cette saison, contre les Buccaneers de Tampa Bay et les Panthers de la Caroline. Or, les Chiefs ont renversé la vapeur. Ils ont généré 368 verges d’attaque, 6 de moins que les Bills, Mahomes a réussi 18 de ses 26 passes pour un touché et 245 verges, et surtout, ils ont marqué 32 points, un sommet cette saison.
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Patrick Mahomes célèbre à la fin du match la victoire des Chiefs.
L’aspect le plus surprenant de cette rencontre a été l’efficacité et la production de l’attaque au sol. Kansas City en a arraché toute l’année dans cette phase du jeu. Avec une moyenne de 3,9 verges par course, les Chiefs se classaient à l’avant-dernier rang de la ligue. En revanche, les Bills ont fait leur pain et leur beurre avec le jeu au sol, surtout dans la zone payante.
Les Chiefs ont battu les Bills à leur propre jeu. Ils ont lancé les hostilités avec des courses explosives et ont réussi trois touchés par la course. Kareem Hunt au premier quart sur 12 verges, Mahomes sur 2 verges avant la fin de la première demie et plus tard en milieu de quatrième quart. Son vis-à-vis, quart mobile ayant réalisé 14 touchés par la course en 18 matchs, a été blanchi. Même que Mahomes a récolté plus de verges que son rival.
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Josh Allen court avec le ballon.
Il fallait également s’attendre à une meilleure gestion des Bills en quatrième essai. Les entraîneurs sont plus enclins à laisser leur attaque sur le terrain dans cette situation ; 76 % du temps, les Bills gardent la possession du ballon lorsque Sean McDermott fait confiance à Allen. Buffalo arrivait au deuxième rang du circuit. Et même si les Bills ont eu raison quatre fois en six tentatives, ce sont les deux occasions ratées qui les ont coulés.
D’abord, au début du quatrième quart, lorsqu’il manquait quelques millimètres à Allen pour traverser la ligne du premier essai. Les officiels sont même allés à la reprise vidéo. Un peu plus de deux minutes plus tard, Mahomes donnait une priorité de huit points à son équipe avec les deux points supplémentaires d’une transformation réussie. Puis, à la toute fin, Kincaid qui a vu le ballon passer entre ses bras dans la situation la plus critique de la saison. Les Bills ont également raté deux transformations de deux points pendant la rencontre.
Les Chiefs ont surpris les Bills, car ils ont joué différemment. Ils se sont adaptés, et c’est le propre des plus grandes équipes. Le genre d’équipe qui, chaque année, semble avoir un accès direct au Super Bowl.
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Justin Watson attrape une passe de touché.
Les leçons
Sur les lignes de côté, le regard d’Allen était vide. Comme s’il venait de voir un fantôme. Ou plutôt une saison historique prendre fin prématurément. Difficile de lui reprocher quoi que ce soit. Il a tout de même réussi 22 de ses 34 passes, accumulé 237 verges, contribué à 2 majeurs de Mack Hollins et Curtis Samuel, en plus de n’avoir provoqué aucun revirement.
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Josh Allen avait le visage long après la défaite.
On lui reprochera peut-être, dans les journaux de Buffalo lundi matin, d’avoir renoué avec de vieilles habitudes en début de match. Il étirait le jeu, cherchait l’occasion parfaite et tentait des passes périlleuses comme il le faisait à ses débuts dans la NFL.
La version améliorée de Josh Allen est plus tempérée, cérébrale et calculée. Mais jouer contre l’équipe qui se rapproche le plus de la perfection peut assurément déstabiliser certains joueurs, comme ce fut le cas pour le pivot des Bills.
Les Chiefs ont donc rendez-vous avec les Eagles de Philadelphie en finale. Comme en février 2023. Et pendant que les préparatifs s’amorceront pour les deux équipes, l’état-major des Bills devra essayer de comprendre pourquoi, chaque année, l’équipe reste à court. La solution n’est peut-être même pas dans leur camp, à vrai dire.
Allen a l’étoffe d’un roi. Il est arrivé à maturité. Mais celui qui est présentement en place sur le trône n’est pas encore prêt à laisser sa couronne. Et il s’apprête à aller chercher une quatrième bague pour décorer ses mains déjà usées à force d’avoir trop gagné.


