
Pour une deuxième année consécutive, le Canada est éliminé en quarts de finale du Championnat mondial junior par la Tchéquie sur un but dans les derniers instants du match. Et comme l’an dernier, l’équipe canadienne s’est donc encore inclinée par un seul but, 4-3 cette fois, mais là s’arrêtent les ressemblances.
Mis à jour hier à 23 h 16
Le Canada avait connu une bonne ronde préliminaire en 2024, avec trois victoires contre un seul revers, 2-0 contre les futurs finalistes, la Suède. Il a écrasé la Lettonie et l’Allemagne, marqué 21 buts en 4 matchs et en a accordé seulement 7.
La défaite de l’an dernier était cruelle. La formation canadienne a perdu sur un malencontreux tir dévié par un défenseur, Oliver Bonk, après avoir dominé le match dans l’ensemble.
Cette année, le Canada a perdu contre la Lettonie au tour préliminaire, une épouvantable claque au visage, et peiné à vaincre l’Allemagne. Il a aussi subi un autre revers contre les États-Unis lors de la dernière rencontre.
Il a marqué 10 maigres buts en 4 rencontres, a affiché le plus faible taux de succès sur les tirs parmi les 10 équipes inscrites et n’avait aucun compteur parmi les 38 premiers avant d’affronter la Tchéquie.
Sa défaite contre la Tchéquie, jeudi soir, était méritée.
Il a fallu un but en fin de deuxième période lors d’une supériorité numérique, un tir de la pointe dévié par l’attaquant Porter Martone, pourtant retranché de la formation lors de la rencontre précédente, pour montrer enfin un peu de fougue.
PHOTO ADRIAN WYLD, LA PRESSE CANADIENNE
Porter Martone (22)
Le Canada a largement dominé en troisième période, mais une punition alors qu’il restait un peu plus de deux minutes à faire dans l’engagement, pour un coup de genou, a permis aux Tchèques de profiter d’une supériorité numérique et de marquer le but gagnant, celui d’Adam Jecho, 18 ans, un choix de troisième tour des Blues de St. Louis en 2024.
Le manque de discipline de l’équipe a pourtant constitué le sujet du jour, la veille de la rencontre, et les réponses sans conviction de l’entraîneur en chef Dave Cameron n’ont impressionné personne.
Non seulement la formation canadienne a encore péri par où elle a péché en fin de match, mais elle a écopé de deux punitions en territoire offensif en première période, dont une de cinq minutes. Le Canada a terminé en tête du tournoi au chapitre des minutes de punition, 113, devant le Kazakhstan (79 minutes).
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Au centre, Dave Cameron
On a laissé de bons joueurs en plan, a-t-on répété depuis quelques semaines, dont trois jeunes hommes repêchés parmi les neuf premiers. La blessure subie dès le deuxième match par le jeune défenseur de 17 ans Matthew Schaefer, peut-être le prochain premier choix au total, a fait mal.
Mais la perte de Schaefer, l’absence de Beckett Sennecke, Carter Yakemchuk et Zayne Parekh n’explique pas non plus le jeu mou de ce club pendant le gros du tournoi, son manque de cohésion collective, ses pannes de confiance.
Il y avait tout de même 10 choix de premier tour dans cette équipe, dont trois ayant disputé au moins un match dans la LNH, six choix de deuxième tour, et trois éventuels choix dans le top 3 au total.
Les sélectionneurs auront un examen de conscience à faire, les entraîneurs également. Comment expliquer que le défenseur le plus dominant au pays, Sam Dickinson, 11e choix au total par les Sharks de San Jose en 2024, 46 points en 26 matchs à London, offre du jeu aussi médiocre ?
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Sam Dickinson (3)
Comment expliquer que Berkly Catton, huitième choix au total en 2024, 47 buts en 28 matchs à Spokane, se contente d’une seule passe en cinq rencontres ? Que Gavin McKenna, seulement 17 ans, mais le prochain McDavid, dit-on, ait obtenu un seul point ? Que le meilleur compteur de l’équipe se contente de trois points ? Que la défense soit si poreuse ?
Pourquoi le Canada, en manque de marqueurs, a-t-il laissé de côté Carson Rehkopf pour le match contre la Tchéquie, avec 142 points à ses 87 derniers matchs dans les rangs juniors ? Pourquoi Porter Martone, sans doute un choix dans le top 5 en 2025, a-t-il été écarté de la formation pendant quelques matchs pour ensuite se retrouver en supériorité numérique en quarts ? Pourquoi avoir attendu quatre matchs et demi avant de modifier les trios ?
Le Canada est exclu du carré d’as pour la deuxième fois en deux ans. Ça n’était pas arrivé depuis 1981, alors qu’à l’époque, le Canada envoyait le champion de la Coupe Memorial représenter le pays. Ronald Reagan faisait son entrée à la Maison-Blanche, le prince Charles épousait Lady Di et Guy Lafleur faisait encore la pluie et le beau temps chez le Canadien avec Pierre Larouche et Steve Shutt.
Après le match, l’entraîneur en chef, Dave Cameron, a déclaré que si c’était à refaire, il ne changerait pas son approche, qu’il a pourtant modifié ses trios continuellement, que le tournoi s’était déroulé comme prévu, avec trois ou quatre prétendants, mais qu’il fallait gagner ce match sans lendemain. Le déni. Total…
Ils ont dit
Parce que nous étions épuisés. Il n’y a pas de système pour des joueurs fatigués.
Dave Cameron, sur les raisons pour lesquelles l’équipe canadienne ne s’est pas entraînée davantage
Dave Cameron, à qui on demandait s’il avait des regrets
Ce tournoi a été exactement ce que nous savions qu’il serait. Il y avait trois ou quatre équipes qui pouvaient gagner, il n’y aurait pas de victoire facile. Il faut gagner ces matchs à mort subite.
Dave Cameron


