
On n’en finit plus de s’émerveiller de ce qui fonctionne chez le Canadien depuis quelques semaines. À juste titre, puisqu’après le terrible début de la saison, personne n’avait prédit que le club voguerait présentement sur une séquence de huit victoires en 10 matchs, au point de s’être hissé dans le portrait des séries éliminatoires.
Publié à 16 h 31
Parmi les facteurs de succès qui ont été réunis, l’équilibre en défense a largement été documenté, notamment en raison de la synergie unissant Kaiden Guhle à Alexandre Carrier. Ce dont on a moins parlé, c’est du principal duo de l’équipe, celui de Lane Hutson et de Mike Matheson, les deux arrières les plus utilisés du CH.
Avant que s’amorce la campagne, rien ne semblait destiner ces deux défenseurs à une association potentielle. Au camp d’entraînement, Hutson a logiquement été jumelé à David Savard. Une décision compréhensive quand on connaît le profil plus offensif du premier et la responsabilité défensive du deuxième, mais aussi en raison de l’ascendant que le vétéran exerce sur ses jeunes collègues depuis son arrivée à Montréal.
Or, comme on l’a déjà souligné, rien n’a fonctionné en lever de rideau. Si bien que la formation a été sérieusement modifiée. Hutson a d’abord fait un bout de chemin avec Guhle avant de se retrouver à la gauche de Matheson.
Le projet, a priori, était osé. Il est, après tout, plutôt rare que les équipes réunissent sur un même duo deux défenseurs à caractère d’abord offensif. À plus forte raison lorsque les deux avaient la réputation, chacun de leur côté, de présenter des lacunes défensives. La saison dernière, l’entraîneur-chef Martin St-Louis avait plus d’une fois indiqué que Matheson, malgré toutes ses qualités, devait « mieux gérer le risque ».
Cette combinaison, pourtant, fonctionne à plein. Et elle est parmi les facteurs déterminants de l’actuelle série victorieuse du CH.
PHOTO DAVID ZALUBOWSKI, ASSOCIATED PRESS
Mike Matheson
Au cours des 10 derniers matchs, le binôme a été dominant à cinq contre cinq sur le plan de la possession de rondelle, alors que le Canadien a contrôlé 60 % des tentatives de tirs et des tirs cadrés lorsqu’ils étaient sur la glace. Les deux ont aussi eu largement l’avantage (57 %) dans le partage des buts anticipés *.
Ce dernier élément est majeur dans leur cas. Car bien qu’ils soient l’un des duos les plus généreux du circuit dans ce même département **, ils produisent tellement d’attaque que les chances qu’ils accordent sont supplantées par celles qu’ils génèrent. Depuis le début de la campagne, leur production de buts anticipés par 60 minutes de jeu est comparable à celle de duos élites du circuit – Luke Hughes et Brett Pesce au New Jersey, Jaccob Slavin et Brent Burns en Caroline, Miro Heiskanen et Thomas Harley à Dallas, etc.
« Sortir la rondelle »
Si ce mariage improbable fonctionne si bien, c’est justement parce que l’attaque n’est pas l’unique priorité du duo, a souligné Mike Matheson, jeudi.
« On aurait tort de croire qu’on peut jouer juste offensivement et connaître du succès, a noté le Québécois. Je pense qu’on joue de la bonne manière. Sortir la rondelle de notre zone est notre priorité. Le reste vient naturellement. »
Leur succès vient aussi du fait que Lane Hutson ait fait mentir sa réputation de défenseur unidimensionnel. « On a vu au dernier match qu’il n’a pas peur de jouer physique », a rappelé Samuel Montembeault à ce sujet.
PHOTO DAVID ZALUBOWSKI, ASSOCIATED PRESS
Lane Hutson
À ses yeux, les deux sont d’abord « de bons patineurs », ce qui les sert bien. D’une part, ils peuvent lutter à vitesse égale avec des opposants de qualité « pour leur enlever rapidement du temps et de l’espace ». Et d’autre part, l’un peut compenser pour l’autre en cas d’erreur.
Et il y a évidemment cette touche offensive létale qu’on ne peut ignorer. « Ils sont vraiment bons à la ligne bleue adverse, a poursuivi le gardien. Ils font bien circuler la rondelle, ils ont une bonne vision… C’est le fun de les voir aller ! »
Élément surprenant, Mike Matheson a été limité à 4 points au cours des 10 derniers matchs, au 13e rang de l’équipe. On peut le voir comme une anomalie si l’on se réfère à ses 62 points de la saison dernière. Ou encore comme une évolution, si l’on porte attention à l’identité de son partenaire qui, lui, vient d’amasser 10 points en 10 sorties.
« Mon rôle est un peu différent de l’an dernier, peut-être plus défensif, a reconnu Matheson. C’est important quand pour deux gars offensifs de rester responsables, et je pense qu’on fait du bon travail. ».
Samuel Montembeault est du même avis. Comme Hutson aime s’aventurer profondément en zone adverse, son partenaire n’a d’autre choix que de pratiquer un style plus conservateur.
« Il ne peut pas tout le temps y aller, a-t-il résumé. Avant d’ajouter que, selon lui, Hutson et Matheson avaient trouvé un bel équilibre dans leur gestion du risque.
On n’aurait pas parié là-dessus il y a quelques mois à peine. Mais ce n’est pas non plus comme si cette saison-là en était à une surprise près.
* Selon le site Natural Stat Trick
** Selon le site MoneyPuck
Laine et Savard rateront au moins un autre match
PHOTO DOMINICK GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE
Patrik Laine
Même s’ils ont participé à l’entraînement complet du Canadien jeudi matin, Patrik Laine et David Savard n’ont pas accompagné leur équipe à Washington en vue du match de vendredi contre les Capitals. Les deux ont raté les trois derniers matchs du club. Toujours ennuyé par des « symptômes grippaux », selon les dires de l’équipe, Laine a patiné en solitaire mercredi et s’est entraîné jeudi avec le reste du groupe, sans toutefois participer aux rotations des trios offensifs. Ainsi, comme au cours de la dernière semaine, c’est Michael Pezzetta qui occupait un poste à l’aile de Kirby Dach en remplacement de Laine. Blessé au « haut du corps », le défenseur David Savard a quant à lui repris son poste à la droite d’Arber Xhekaj à l’entraînement, mais il n’est pas encore prêt à reprendre le collier pour de bon. Il sera de nouveau remplacé par Jayden Struble. Le gardien Jakub Dobes défendra le filet montréalais dans la capitale américaine.


