
Depuis l’embauche de Dan Campbell, les Lions de Detroit ont gravi les échelons grâce à leur audace indéfectible, leur intensité collective et leur envie irrésistible de gagner à leur manière, quoi qu’il en coûte. Pour ces mêmes raisons, ils ont battu les Vikings du Minnesota, dimanche, dans l’affrontement le plus attendu de la saison.
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L’enjeu de ce 272e et dernier match du calendrier de la NFL revêtait une importance capitale. Le gagnant allait terminer au premier rang de la division Nord de la Conférence nationale et au sommet de l’association. Ce titre s’accompagnait d’une semaine de congé, d’un laissez-passer au premier tour des éliminatoires, en plus de la garantie de jouer tous ses matchs éliminatoires à domicile.
Et les Lions n’ont fait qu’une bouchée des Vikings. Une marque finale de 31-9. Pourtant, les Lions ont offert exactement ce à quoi les Vikings devaient s’attendre. Un équilibre calculé entre la passe et la course, du football de situation agressif et une pression régulière et étouffante sur le quart-arrière. Si les Lions l’ont emporté, c’est parce qu’ils sont restés eux-mêmes.
Le spectacle Gibbs
PHOTO REY DEL RIO, ASSOCIATED PRESS
Jahmyr Gibbs
Les Lions peuvent compter sur l’attaque la plus dynamique, polyvalente et équilibrée des 32 équipes du circuit Goodell.
Premiers pour les points par match et le pourcentage de passes complétées. Deuxièmes pour les verges nettes par rencontre et les verges par la passe. Troisièmes pour l’efficacité dans la zone payante et les touchés au sol.
Or, les Vikings ont joué comme s’ils ne prenaient pas leurs adversaires au sérieux. Ainsi, Detroit a appliqué la même recette que d’habitude pour obtenir le même résultat que d’habitude.
À la fin du premier quart, alors qu’aucune équipe n’avait encore inscrit de points, les Lions ont opté pour un jeu supplémentaire en quatrième essai et cinq verges. Rien de surprenant, car l’équipe excelle dans ce genre de situation avec un taux de réussite de 68,97 %. Jameson Williams, laissé seul, a capté la passe avec aisance. Sur le jeu suivant, Jahmyr Gibbs a inscrit le premier touché des siens sur une course de 25 verges.
À la fin du troisième quart, les locaux menaient 10-9. En quatrième essai et deux verges, les Vikings n’ont appliqué aucune pression sur les Lions. Gibbs a capté une courte passe de Jared Goff sur 10 verges pour donner les devants par huit points à son équipe.
Gibbs a d’ailleurs inscrit deux autres touchés au cours de la rencontre pour compléter la saison avec 20 touchés, un sommet dans la NFL.
Le joueur de deuxième année menace constamment et il a prouvé dans ce match pourquoi il demeure l’arme la plus dangereuse de cette équipe remplie de munitions avec 139 verges par la course et 31 par la passe.
La témérité des Lions a payé contre la quatrième défense la plus productive : 394 verges nettes, quatre touchés, 50 % de réussite en quatrième essai, en plus d’être parfaits en trois tentatives dans la zone payante. Le football est souvent mathématique, mais il n’y avait rien de scientifique dans ce duel, car les vainqueurs ont simplement repris une formule déjà éprouvée et au succès presque garanti.
Le vrai visage des Vikings
Avec leur reluisant et surprenant dossier, les joueurs du Minnesota ont aspiré jusqu’au dernier match au titre de champions de la Nationale. Mais dans la partie la plus importante de la saison, les Vikings se sont fait déclasser.
Sam Darnold a complété 18 de ses 41 passes. Justin Jefferson a capté trois des neuf passes dirigées vers lui. Et Aaron Jones n’a même pas atteint le cap des 50 verges au sol.
PHOTO RICK OSENTOSKI, ASSOCIATED PRESS
Sam Darnold (14)
Le seul joueur à avoir inscrit des points est le botteur Will Reichard, avec trois placements.
Darnold n’a pas été l’ombre de lui-même. Il ressemblait davantage au quart-arrière abandonné par trois organisations qu’au candidat au titre de joueur le plus utile à son équipe qu’il est devenu.
Désorienté, limité et imprécis, le quart-arrière des Vikings a notamment raté quatre passes à l’ailier rapproché T.J. Hockenson en situation de troisième essai.
Néanmoins, la séquence la plus révélatrice s’est produite en fin de première demie, lorsque les Vikings se sont retrouvés dans la zone payante. Trois fois Darnold a visé Jefferson. Et trois fois ses passes ont manqué de vigueur et de doigté. Son meilleur receveur n’a eu aucune chance.
Le quart-arrière a appris à ses dépens qu’il est impossible de battre l’une des meilleures équipes de la NFL en ratant 10 occasions sur 13 en troisième essai et en générant seulement 142 verges aériennes. La défense des Lions n’a rien donné, mais les Vikings n’ont pas joué à la hauteur de leur rendement.
Ou était-ce, en vérité, leur véritable visage ? Comme une voiture de luxe, cette équipe a fière allure. Elle détourne les regards. Or, cette splendeur cache des défauts qui apparaissent seulement pendant les intempéries. Et comme une tempête, les Lions ont forcé les Vikings à montrer qu’ils n’étaient peut-être pas conçus pour toutes les conditions.
Les Vikings ont remporté 14 duels. Onze de ces victoires ont été acquises contre des équipes qui ne participeront pas aux éliminatoires. Lorsqu’ils ont fait face à des équipes compétitives, comme les Lions et les Rams de Los Angeles, ils ont perdu. Contre les Packers de Green Bay, deux fois, ils ont gagné par seulement deux points.
L’équipe de Kevin O’Connell a des failles. Et elles ont été exposées dimanche soir. En revanche, les Lions savent rugir lorsqu’ils veulent défendre leur royaume. Chose qu’ils ont aussi prouvée lors du dernier match de la saison.
Le premier tour éliminatoire
Samedi 11 janvier
Chargers c. Texans, 16 h 30
Steelers c. Ravens, 20 h
Dimanche 12 janvier
Broncos c. Bills, 13 h
Packers c. Eagles, 16 h 30
Commanders c. Buccaneers, 20 h
Lundi 13 janvier
Vikings c. Rams, 20 h


