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La soirée européenne de jeudi a souri à deux internationaux marocains, tous deux auteurs de prestations marquantes en Ligue Europa. Zakaria El Ouahdi et Bilal El Khannouss se sont illustrés par un doublé, relançant naturellement les débats autour de leur statut en sélection.
Zakaria El Ouahdi, la grande injustice ?
Auteur d’un doublé tout en technique (crochets et frappes dans la surface) lors de la victoire de Genk sur la pelouse du Dinamo Zagreb (3-1), Zakaria El Ouahdi continue de signer une saison particulièrement aboutie. Le latéral droit de 24 ans confirme match après match une progression déjà visible depuis deux saisons.
Sur le plan statistique, son rendement impressionne pour un défenseur. En Ligue Europa, il affiche déjà trois buts et une passe décisive en sept rencontres. En championnat, il ajoute quatre buts et deux passes décisives. Une contribution offensive qui témoigne de son activité et de sa capacité à peser dans le jeu.
Zakaria El Ouahdi (24 ans), latéral droit marocain de Genk, a 𝗖𝗟𝗔𝗤𝗨𝗘́ 𝗨𝗡 𝗗𝗢𝗨𝗕𝗟𝗘́ ce soir en Europa League ! 🔥 🇲🇦
Il a de sacrées stats pour un latéral :
👕 28 matchs
⚽ 7 buts
🎯 3 passes DExcellente note de 𝟵𝟬/𝟭𝟬𝟬 sur @Sorare pour son super match face au… pic.twitter.com/eGQxkpwhLN
— Footballogue (@Footballogue) February 19, 2026
Porté vers l’offensive, comme le suggèrent ses statistiques, El Ouahdi n’en demeure pas moins solide dans les un-contre-un défensifs, même s’il doit encore progresser dans son alignement.
Quoi qu’il en soit, El Ouahdi serait incontestablement titulaire dans la grande majorité des sélections africaines. Mais au Maroc, la concurrence à son poste est féroce. À droite, Achraf Hakimi est logiquement indéboulonnable, et Noussair Mazraoui constitue une alternative de très haut niveau, même si ce dernier est titulaire à gauche en sélection, laissant théoriquement une place disponible pour le suppléer.
Pour la CAN, Walid Regragui lui a préféré Mohamed Chibi (33 ans, Pyramids) dans ce rôle, laissant le natif d’Anvers sur le carreau. Une situation qui, selon son propre aveu, a ”surpris” ce dernier, qui était tout de resté même bon prince par rapport à son absence. Jusqu’à présent, sa mince carrière internationale se résume à un match amical face au Bénin en 2024.
La régularité et la production de celui qui refuse pour l’instant les sollicitations de l’étranger afin de s’occuper de son père malade pourraient néanmoins forcer Regragui (ou son successeur) à rebattre les cartes à l’approche de la Coupe du monde. Car, un peu comme son prolifique penchant à gauche Souffian El Karouani, il aurait de quoi être frustré de regarder le tournoi à la télé…
Bilal El Khannouss, quel statut après la CAN ?
De son côté, Bilal El Khannouss a lui aussi marqué les esprits avec un doublé lors du large succès de Stuttgart sur la pelouse du Celtic (4-1). Une performance qui s’inscrit dans une campagne européenne globalement réussie pour le milieu offensif marocain, déjà auteur de cinq buts en Ligue Europa cette saison.
Bilal El Khannouss in the UEFA Europa League this season:
☑️ 8 games
⏱️ 457 minutes
⚽️ 5 goals
📈 1.35 xG
📊 1.26 xAAn impressive European campaign for the 21-year-old VfB Stuttgart advanced playmaker. 🇲🇦💎 pic.twitter.com/WzgV5ewwsi
— Football Talent Scout – Jacek Kulig (@FTalentScout) February 20, 2026
Prêté par Leicester l’été dernier après avoir forcé son départ d’Angleterre jusqu’au bout, l’ancien coéquipier d’El Ouahdi à Genk réalise un exercice honorable en Allemagne. Sans être toujours régulier, il affiche des chiffres intéressants toutes compétitions confondues (8 buts, 4 passes décisives),
La question de son rôle en sélection reste cependant plus complexe. Lors de la CAN, il avait été propulsé titulaire à la suite de la blessure d’Azzedine Ounahi. Mais son positionnement en sélection ne semble pas optimal au vu de ce qu’il réalise en club. Naturellement plus à l’aise en numéro 10, ou sur l’aile droite, El Khannouss avait évolué dans un registre plus bas, en relayeur.
Un rôle qu’il peut assumer, mais qui limite certaines de ses qualités. Sa créativité, sa vision du jeu et sa capacité à créer le danger dans le dernier tiers s’expriment davantage dans une position axiale avancée. Plus bas, son influence tend à se diluer, malgré un volume de jeu appréciable.
Peut-il donc reproduire en sélection des performances comparables à celles observées en club ? Le système actuel ne l’exploite pas toujours dans sa zone de confort, ce qui impacte sa production.
Le joueur de 21 ans demeure néanmoins l’un des symboles du renouvellement générationnel marocain. Son potentiel, unanimement reconnu, laisse penser qu’il pourrait jouer un rôle majeur à l’avenir.


