
Avant le premier match de Patrik Laine dans l’uniforme du Tricolore, il y a deux semaines, il était difficile d’établir de véritables attentes à son endroit.
Publié hier à 23 h 47
Consultez le sommaire de la rencontre
Lisez notre couverture en direct
Dans quelle forme physique se trouverait-il, après un an sans jouer ? Et dans quelles dispositions ? Serait-il en mesure d’avoir un impact immédiat ?
Sept matchs plus tard, il est encore trop tôt pour répondre à bien des questions… sauf à celle sur son impact. Avant son retour, le Finlandais avait dit souhaiter que, comme le vélo, il n’ait pas perdu sa capacité à tirer la rondelle. Il peut dormir tranquille, surtout après avoir inscrit trois buts, tous en avantage numérique, dans une victoire de 6-1 de son club sur les pauvres Sabres de Buffalo.
Cela a porté son total à six, encore là tous en supériorité numérique, et tous – tous ! – inscrits du cercle gauche. On a reconnu, dans le cas des Sabres, qu’on aurait pu (et dû) mieux le couvrir, mais rendons quand même hommage à celui dont le tir est, probablement, le meilleur d’un attaquant du Canadien depuis celui d’Alexei Kovalev. Donc, oui, depuis 15 ans.
PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE
Patrik Laine
Comme c’est déjà devenu une habitude pour lui, Laine a eu la célébration sobre après la rencontre. Il a salué les « excellents passeurs qui semblent [le] trouver » et a noté que ses tirs avaient « trouvé les ouvertures » – c’est peu dire.
Du reste, il a estimé avoir livré une performance « moyenne » à cinq contre cinq. Et c’est probablement vrai, mais on aura amplement le temps d’y revenir une autre fois.
Adaptation
Comme pour donner tort à La Presse, qui écrivait lundi matin que l’avantage numérique tardait à prendre son envol malgré l’ajout sur la première unité de Laine et de Lane Hutson, le Canadien a été dominant dans cette phase de jeu, mardi soir.
Il y a bien sûr eu les trois buts de Laine, mais ceux-ci ont résulté d’une montée en intensité et en aise entre les cinq membres du quintette.
Cole Caufield est celui qui aura certainement le plus à s’ajuster à la suite de l’arrivée de Laine. Le cercle gauche, c’était son bureau. Cinq de ses sept buts en avantage numérique, cette saison, ont été marqués de cet endroit. Depuis que le grand numéro 92 s’y est installé, il doit donc changer de rôle. Et contre les Sabres, il l’a fait avec brio.
Sur le premier but, il patrouillait sur l’aile droite et s’est échangé efficacement la rondelle avec Juraj Slafkovsky avant que le jeu se déplace rapidement sur la gauche, avec le résultat qu’on connaît. Sur le deuxième, à cinq contre trois, il était posté à l’embouchure du but pour saisir un retour ou une passe. Sur le troisième, il était dans le haut de l’enclave et a remis le disque à Laine, qui a complété son tour du chapeau.
Comme l’a confirmé Nick Suzuki, Caufield ne se plaint pas de son sort. Aux yeux du capitaine, son ailier favori « a amélioré plusieurs facettes de son jeu » et « accomplit de belles choses qui vont au-delà de son tir ». Tir qui n’est pas vilain, comme on le sait.
PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE
Nick Suzuki (14)
Tôt ou tard, « les équipes vont commencer à couvrir plus sérieusement » Laine, ce qui devrait donner de l’espace à Caufield dans le bas de l’enclave – au poste de « bumper », comme on dit à l’ouest du boulevard Saint-Laurent et aussi partout ailleurs dans le monde.
« Et ce sera mortel », a conclu Suzuki.
Mélange
Force est d’admettre, en effet, que le mélange de talents au sein de cette unité spéciale atteint un niveau rarement vu à Montréal depuis deux décennies. Et de spécialistes, aussi. Laine offre une nette amélioration par rapport à Kirby Dach, et Hutson, malgré son âge, ressemble davantage à un candidat naturel en avantage numérique que Mike Matheson.
Tous les soirs ne seront pas comme celui-là, mais il y a là un arsenal impressionnant. Et Martin St-Louis s’attend à ce qu’il évolue « organiquement ». « Comme entraîneur, tu veux donner des points de repère, des idées, mais il faut faire attention de trop en faire [overcoacher], a-t-il prévenu. Ce sont des joueurs qui possèdent un bon instinct offensif. Maintenant, ils apprennent à utiliser leurs atouts ensemble. »
Cette remarque est intéressante pour deux raisons. D’une part, le Canadien a tellement de chantiers simultanés que si l’entraîneur-chef peut laisser un comité s’autogérer – sans l’abandonner, s’entend –, on peut seulement présumer qu’il pourra consacrer davantage d’énergies ailleurs.
D’autre part, elle marque un changement de ton par rapport au thème de l’enseignement, omniprésent dans l’univers du CH depuis trois ans. Avant la saison, on aurait pu croire que l’école était finie et que le groupe était prêt à mettre ses précieuses connaissances en application. La régression observée en début de campagne a toutefois confirmé qu’il restait du rattrapage à faire.
L’avantage numérique a encore des preuves à faire avant de recevoir son diplôme et d’être perçu comme un dossier réglé. Mais soudain, on semble voir se former un département qui pourrait tirer le reste de l’équipe vers le haut à moyen et à long terme, à plus forte raison vu le fait que quatre de ses membres appartiennent sans l’ombre d’un doute à l’avenir de l’organisation.
Quant au cinquième, il a presque 500 matchs d’expérience et possède l’un des tirs les plus dévastateurs de la LNH, ce qui n’est pas le pire des compléments.
On verra bien si ce succès durera. Et, si oui, combien de temps.
En hausse
Juraj Slafkovsky
PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE
Juraj Slafkovsky
Son ajout sur le premier trio a eu exactement l’effet escompté, notamment sur le plan de la possession de rondelles. Et il a été ultra réactif sur son but. Un pas dans la bonne direction.
En baisse
Lane Hutson
PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE
Lane Hutson
La robustesse des Sabres l’a-t-elle déstabilisé ? Il n’a franchement pas joué un grand match à 5 contre 5, commettant notamment plusieurs revirements. Ceux-ci, toutefois, sont restés sans conséquence.
Le chiffre du match
31
Selon le réseau Sportsnet, le Canadien a égalé un record de la ligue en disputant un 31e match de suite – donc l’entièreté de sa saison jusqu’ici – sans dépasser la barre des 30 tirs dans une rencontre.


