
Le vestiaire du Canadien, après une défaite, peut être relativement vide quand les journalistes y pénètrent. Rarement y voit-on plus de trois joueurs.
Mis à jour hier à 23 h 30
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À l’ouverture du vestiaire des Sabres de Buffalo au Centre Bell, mardi, ils étaient une douzaine encore assis à leur casier. Y étaient-ils pour montrer un message d’unité dans leur 11e défaite de suite, une dégelée de 6-1 aux mains du Canadien ?
« Je ne sais pas, je pense qu’ils n’avaient juste pas fini de se changer », a répondu Ryan McLeod.
Peut-être étaient-ils simplement sous le choc. La veille, le propriétaire des Sabres, Terry Pegula, s’était présenté au Centre Bell pour rencontrer ses joueurs. Ce genre de situation, à plus forte raison sur la route, est hautement inhabituel, sachant que ces propriétaires d’entreprises tentaculaires ont généralement mieux à faire que de venir transmettre un message que leurs subalternes sont incapables de communiquer.
« On n’avait pas de jambes, pas d’énergie. On a eu une rencontre hier, on vient de perdre 10 matchs, on aurait dû avoir de l’énergie », a déploré le défenseur Connor Clifton.
PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE
Connor Clifton (à droite)
Cette défaite n’a fait que renforcer ce qui ressemble drôlement à une énième fin de régime chez cette organisation qui n’a pas participé aux séries depuis 2011. Depuis cette date, trois DG et sept entraîneurs ont été dégommés.
Nos collègues de Buffalo affectés à la couverture des Sabres s’attendent à ce que cette vague se poursuive ; deux d’entre eux ont décidé de rouler vers la maison après la joute, plutôt que de dormir à Montréal, en cas de congédiement. L’horaire de l’équipe prévoit un congé d’entraînement ce mercredi, « mais nous, on ne sera peut-être pas en congé », a prévenu un autre journaliste.
À leurs yeux, c’est Kevyn Adams, le directeur général, qui est vulnérable, 10 jours après avoir déclaré qu’il n’y a pas de palmiers à Buffalo, ce qui est certes factuel, mais également réducteur à l’égard de ce qui est, à notre humble avis, la ville aux mille trésors.
Les joueurs s’attendent-ils à un changement ? « Non, a assuré l’attaquant Alex Tuch. Le changement doit venir de nous, de ce vestiaire. C’est notre responsabilité et celle de personne d’autre. »
PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE
Owen Power (25), le gardien Ukko-Pekka Luukkonen (1) et Juraj Slafkovsky (20)
Il est souvent question de l’Action de grâce américaine comme d’une date butoir en vue des séries. Chacun possède sa statistique sur l’importance d’être dans le coup à la fin de novembre, et la difficulté de combler un retard lorsqu’on n’y est pas. Le 28 novembre, les Sabres accusaient un retard d’un point sur la dernière place donnant accès aux séries. Les voici au 16e et dernier rang dans l’Est, à sept points de l’objectif.
« C’est sûr que c’est nul. C’est horrible. Mais la saison n’est pas finie », a dit Alex Tuch.
Le désavantage et les pénalités
De l’avis général, Lindy Ruff n’est pas en danger en cas de grand ménage. Le vieux routier a été embauché le printemps dernier, certes, mais il a aussi signé un court contrat de deux ans. Allez savoir.
PHOTO JEFFREY T. BARNES, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
Lindy Ruff
Ruff a toutefois fait sourciller son auditoire lors de son point de presse d’après-match. Après avoir convenu que le premier but du CH, inscrit dès la 19e seconde, avait « dérangé » son équipe, il a ouvert les vannes en revenant sur un contact entre Brendan Gallagher et Bowen Byram, au moment où c’était 3-1 Montréal.
« Le tournant, c’est la pénalité qui aurait dû être imposée quand Bo s’est amené au filet. Dans un match où les arbitres pénalisaient tout, il va au filet, se fait projeter sur la glace et il n’y a pas de pénalité. On venait de marquer, ça nous aurait donné de l’élan, puis on prend deux pénalités et la rondelle finit dans notre but. »
Ruff n’a toutefois pas critiqué que les arbitres. Le coach en avait aussi contre son défenseur Connor Clifton. Il ne l’a pas nommé, mais comme Clifton venait de se blâmer lui-même trois minutes plus tôt, il était clair que Ruff parlait de lui.
Les trois buts accordés à Patrik Laine en avantage numérique étaient « des erreurs individuelles ». « Regarde son premier but. C’était à notre défenseur de le couvrir et il a couru de l’autre côté. On venait pourtant d’en parler à notre réunion du désavantage numérique. »
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Il s’agit d’un 11e tour du chapeau en carrière pour Patrik Laine
Les Sabres se préparent maintenant à accueillir les Maple Leafs vendredi. Les partisans torontois devraient, comme c’est souvent le cas, envahir le KeyBank Center. Ne reste que les Bills et Josh Allen pour sauver l’orgueil de cette ville.


