Le monde du football est en ébullition depuis la finale de la CAN, où le sacre du Sénégal a été entaché par des scènes de tension inédites. Pris pour cible par le Maroc, la CAF et la FIFA pour avoir momentanément déserté le terrain après un penalty contesté, les Lions de la Teranga ont trouvé un allié de poids en la personne de Claude Le Roy. Le technicien vétéran, témoin privilégié de cette finale électrique, s’oppose fermement aux critiques qu’il juge disproportionnées face à l’enjeu émotionnel du match.
S’exprimant dans les pages du quotidien Le Figaro, celui que l’on surnomme le « Sorcier blanc » a tenu à dédouaner le staff sénégalais, notamment Pape Thiaw, qu’il décrit comme un meneur d’hommes ayant simplement cédé à une pression humaine trop forte. « Je n’aime pas porter de jugement de valeur. Pape a bien mené sa barque, mais il a eu un moment d’égarement. Il a reconnu et s’en est excusé » a-t-il confié, rappelant avec insistance qu’un entraîneur n’est pas une machine dénuée de sentiments.
Pour Le Roy, l’irrationnel fait partie intégrante de la beauté brutale de ce sport, surtout lors d’un dénouement aussi intense. Il explique dans son analyse : « Une finale se joue sur l’émotion, des vibrations personnelles, et cela a échappé un peu au Sénégal. Il n’y avait plus rien de rationnel, mais c’est aussi cela le football ». Par ces mots, il invite les instances dirigeantes à la clémence, soulignant que la finale était si surréaliste que les nerfs des acteurs ne pouvaient que rompre.
Cependant, le discours de l’ancien sélectionneur prend une tournure radicale lorsqu’il aborde les coulisses du pouvoir sportif. Il accuse les leaders du football mondial de privilégier les intérêts financiers au détriment de l’équité sportive. Le Roy ne mâche pas ses mots concernant l’actuelle direction de la FIFA, dénonçant une complaisance envers des politiques étrangères qu’il estime néfastes pour le continent africain.
Dans une envolée mémorable relayée par Le Figaro, il fustige l’hypocrisie des sommets : « Le foot, c’est la vie, ce n’est pas Gianni Infantino, fier d’être dans le Bureau ovale de Trump ou à Mar-a-lago, qui cautionne un président qui abîme l’Afrique en tuant toutes les ONG. C’est ça, le drame de ce continent ». Il révèle également avoir été censuré lors des prises de parole de la CAF, ses critiques étant jugées trop dérangeantes pour l’institution.
Claude Le Roy exhorte le Sénégal à assumer une position de force, quitte à envisager un geste historique. Face au comportement des instances, il lance une idée choc : « Je me demande s’il ne faudrait pas appeler au boycott de la Coupe du monde 2026 ». Pour lui, la dignité et la souveraineté du football africain ne doivent jamais être sacrifiées sur l’autel des menaces institutionnelles ou de la peur des représailles


