Des rues de Kampala à la scène de la finale de la Coupe du monde 2026. L’histoire des Ghetto Kids ressemble à un scénario de film. La célèbre troupe ougandaise de danse, composée d’enfants issus de milieux défavorisés, a été invitée par la chanteuse colombienne Shakira à participer aux festivités de la finale du Mondial, prévue le 19 juillet dans le New Jersey, aux États-Unis.
Révélés grâce à leurs vidéos virales sur les réseaux sociaux, les Ghetto Kids se sont imposés au fil des années comme l’un des groupes artistiques africains les plus populaires de leur génération. Leur énergie, leur créativité et leur histoire ont touché un public bien au-delà des frontières de l’Ouganda.
Pour les jeunes danseurs, cette invitation représente un rêve devenu réalité. « On est impatients de montrer au monde qui nous sommes », a confié à l’AFP Josephine Daniella Busingye, âgée de huit ans. « On est tellement excités à l’idée de nous produire avec Shakira », ajoute la jeune danseuse.
Derrière cette success-story se cache pourtant une réalité beaucoup plus difficile. Les Ghetto Kids sont nés d’une fondation créée en 2007 par Dauda Kavuma dans le quartier pauvre de Makindye, à Kampala. L’objectif était simple : offrir un refuge aux enfants abandonnés, orphelins ou livrés à eux-mêmes dans les rues de la capitale ougandaise.
Ancien instituteur, Dauda Kavuma connaît lui-même cette précarité. Après la mort de son père, il a dû travailler dans la rue durant son enfance. Aujourd’hui, il dirige la troupe et accompagne ces jeunes artistes dans leur ascension internationale.
Avant cette invitation historique pour la Coupe du monde 2026, les Ghetto Kids avaient déjà attiré l’attention du monde entier. Ils avaient participé à un clip de la star ougandaise Eddy Kenzo, premier artiste du pays nommé aux Grammy Awards. Leur passage remarqué dans l’émission britannique “Britain’s Got Talent”, où ils avaient atteint la finale, avait également renforcé leur notoriété.
Le football fait aussi partie de leur parcours. En 2022, ils avaient été invités au Qatar lors de la Coupe du monde pour participer à un événement organisé par la FIFA. L’année suivante, ils avaient dansé au Parc des Princes avant une rencontre de Ligue 1 entre le Paris Saint-Germain et Reims.
Mais cette fois, l’enjeu est encore plus grand. La finale de la Coupe du monde reste l’un des événements les plus suivis de la planète. En 2022, près d’un milliard et demi de téléspectateurs avaient regardé la finale du tournoi.
Pour Madwanah Ssegirinya, 16 ans, cette aventure ouvre surtout de nouvelles perspectives. « Se produire sur l’une des plus grandes scènes du monde apporte beaucoup d’opportunités », explique-t-il.
Au-delà de la musique et de la danse, Dauda Kavuma espère utiliser cette visibilité pour développer son projet social. Son ambition est désormais de construire un centre éducatif et de réinsertion destiné aux enfants des rues.
Pour les Ghetto Kids, la Coupe du monde 2026 dépasse largement le cadre d’un simple spectacle. Elle symbolise la preuve qu’un talent né dans les rues de Kampala peut désormais conquérir la plus grande scène du monde.


