L’émotion était à son comble et les larmes n’ont pu être retenues chez les Léopards. À l’approche du plus grand rendez-vous footballistique de la planète, le milieu de terrain de la République Démocratique du Congo, Charles Pickel, a craqué en évoquant ce moment historique. Le joueur est revenu sur l’instant précis où son destin a basculé : « Quand la liste est sortie, j’ai ressenti plein d’émotions. J’étais à la maison et je n’ai pas eu les mots parce que c’est énorme. Je n’aurais jamais pensé arriver à ce stade, participer à la compétition la plus suivie et la plus grande du monde avec mon pays. »
Ce billet pour le Mondial est le fruit d’un parcours héroïque, arraché dans la douleur des éliminatoires de la zone Afrique. Conscient des réalités de sa patrie, le Léopard a tenu à dédicacer cette qualification à tout le peuple congolais : « On vient de loin. Les qualifications en Afrique, ce n’est pas facile, c’est très dur. Notre pays traverse la pauvreté, la tristesse et la guerre, mais il y a une mentalité, la mentalité d’un Congolais, c’est celle d’un guerrier. Et c’est ce qui a défini notre parcours… »
Derrière la tunique du footballeur se cachent surtout des années de sacrifices et une histoire de famille profondément touchante qui a refait surface au moment de la consécration. « Ma mère a pleuré et m’a dit qu’elle était fière de moi. J’ai reçu l’album Panini, et mon fils de 5 ans m’a dit qu’il m’avait retrouvé dans le pack. Après toute cette carrière et tous ces sacrifices, moi qui viens de loin, être là aujourd’hui représente énormément », explique Pickel en fondant en larmes. Un moment suspendu, symbole d’une immense fierté pour ce digne fils du pays.
Désormais tourné vers la phase finale, le milieu défensif affiche une détermination de fer avant d’aborder les phases de poules, notamment le choc très attendu face aux Lusitaniens. Loin de nourrir des complexes, il envoie un message fort à ses coéquipiers : « Le match contre le Portugal, c’est énorme, mais il ne faut pas oublier que leurs joueurs évoluent, comme nous, dans de grands clubs en Europe. Il ne faut jamais avoir peur du Portugal. On va montrer le meilleur jeu, le meilleur Congo. »
Le décor est planté et l’état d’esprit est clair pour les fauves congolais. Portés par l’émotion de Pickel et la ferveur de plus de 100 millions de Congolais, les Léopards s’apprêtent à entamer leur campagne avec une rage de vaincre unique. Car comme le rappelle si bien le milieu de terrain, « la mentalité d’un Congolais, c’est la mentalité d’un guerrier. » C’est avec cette arme invisible mais redoutable que la RDC compte bien surprendre le monde entier.


