![]()
Hervé Renard a succédé mardi dernier à Sabri Lamouchi sur le banc des Aigles de Carthage après la déroute face à la Suède (1-5) à la Coupe du monde 2026. L’ex-international ivoirien Max-Alain Gradel, qui a évolué sous les ordres du Français, estime qu’il est capable de redresser la situation, dès dimanche matin face au Japon.
Jusqu’au début du mois d’avril, Hervé Renard, sous contrat avec l’Arabie saoudite, était encore persuadé qu’il vivrait sa troisième Coupe du monde consécutive. Le Savoyard de 57 ans, rappelé par la fédération saoudienne après le flop Roberto Mancini, avait réussi à qualifier son équipe pour le Mondial. Mais, fragilisé par une Coupe Arabe décevante et deux défaites en matches amicaux au mois de mars face à l’Egypte (0-4) et en Serbie (1-2), il avait finalement été démis de ses fonctions et remplacé par le Grec Giorgios Donis.
Marqué par cette éviction, le double champion d’Afrique 2012 (Zambie) et 2015 (Côte d’Ivoire) s’était réfugié à Saly, au Sénégal, où il possède une maison, d’où il s’apprêtait à suivre la Coupe du monde. Jusqu’à ce coup de fil d’un membre de la Fédération Tunisienne de Football (FTF), quelques heures après la défaite des Aigles de Carthage contre la Suède (1-5), pour lui proposer de remplacer Sabri Lamouchi, démis de ses fonctions. Renard n’a pas hésité, ce qui ne surprend pas l’ancien international ivoirien Max-Alain Gradel (38 ans, 113 sélections), interrogé par Afrik-Foot :
« Je pense qu’il a dû réfléchir cinq secondes, car Hervé ne prend jamais une décision sans y réfléchir, mais comme il percute vite, il a accepté. Car il avait envie de vivre ce Mondial. Je pense qu’il a vécu comme une injustice d’être évincé par l’Arabie saoudite, et sincèrement, je suis content qu’il soit avec la Tunisie. »
“Hervé Renard est sincère, je sais qu’il a su trouver les mots”
Hervé Renard est arrivé mardi à Monterrey, quatre jours avant le second match des Aigles de Carthage face au Japon. « Il adore ce genre de défi. Il est très bon. La situation des Tunisiens est compliquée, mais pas désespérée. Il y a une bonne équipe, et comme il l’a dit, tout n’est pas à jeter. Je sais qu’il a su trouver les mots pour rebooster les joueurs, pour leur dire que rien n’est perdu. Quatre jours, c’est peu, mais il connaît très bien son métier et je suis sûr que son discours portera ses fruits », poursuit l’ex-joueur de l’AS Saint-Etienne.
Le nouveau sélectionneur de la Tunisie, dont la mission est – à ce jour – limitée à la Coupe du monde, présente par ailleurs l’avantage de bien connaître le Japon, le prochain adversaire de sa nouvelle équipe, et qu’il dépeint « comme la meilleure sélection asiatique. » Affrontés à trois reprises quand il entraînait l’Arabie Saoudite (pour un bilan parfaitement équlibré d’une victoire, un nul et une défaite), les Samurai Blue ont tenu tête aux Pays-Bas pour leur entrée en lice (2-2).
Max-Alain Gradel s’exprime sur Hervé Renard. Crédits photo : PA Images / Icon Sport:
Des images d’une des premières prises de parole du Savoyard devant le groupe tunisien ont circulé. Hervé Renard n’a pas eu besoin de hausser exagérément le ton pour faire passer son message à son auditoire. « Tout n’est pas à jeter dans ce match face à la Suède », a-t-il martelé à ses joueurs. « Ce qu’il y a de très important quand on travaille avec lui, c’est qu’il est sincère. Quand il dit quelque chose, que ce soit sur du positif ou du négatif, il est sincère, et les joueurs le comprennent très vite », poursuit Gradel.
Le message très clair d’Hervé Renard aux joueurs tunisiens sur l’importance de couper avec les réseaux sociaux.
Écoutez 👉🎥#tunisie #tunisia #worldcup pic.twitter.com/UiTTbOnr9A
— ETTACHKILA (@EttachkilaTN) June 18, 2026
“Les Japonais le connaissent, ils vont se méfier”
La nomination du français est évidemment bien perçue en Tunisie. Même si les supporters des Aigles de Carthage ont été particulièrement refroidis par la claque infligée par les Suédois, quelques jours après une première râclée reçue en Belgique (0-5) en match de préparation, ils espèrent que le successeur de Lamouchi saura provoquer un électrochoc.
« Moi, je pense sincèrement qu’il peut réussir quelque chose. Hervé est capable de motiver comme jamais ses joueurs. Les Japonais le connaissent, je pense qu’ils vont se méfier et qu’on verra un autre visage de la Tunisie », conclut Gradel. Les Nord-africains, qui n’ont battu le Japon qu’une seule fois en six confrontations (3-0 le 14 juin 2022 en amical à Suita) devront éviter une nouvelle défaite afin de préserver leurs chances de qualification pour les seizièmes de finale.


